Alain Montagard
Art-thérapeute à Avignon
Alain Montagard, art-thérapeute à Avignon
 

Témoignages importants

Vous avez dit pandémie ?

Nous venons de traverser une période assez particulière où les facteurs anxiogènes ne nous ont pas été épargnés.

Cette illustration a été produite pendant la période de confinement. Il n'a pas été question pour moi de traduire consciemment quoique de soit mais de laisser aller ma plume, (c'est un dessin à l'encre de chine), et de saisir ce qui apparaissait, le travailler, l'accentuer ou le recouvrir jusqu'à ce que je considère que tout était dit, de mon point de vue bien sûr.

Cela procure, et c'est bien connu, un recentrage sur soi, une prise de distance et la satisfaction d'un travail accompli.

Philippe Descola : « Nous sommes devenus des virus pour la planète »

Suicide, la fin du combat.

Sidération, stupeur, doutes, colère, tristesse, incompréhension, impuissance, trahison… C’est ce que je ressens quand j’apprends que le collègue avec qui j’avais animé une réunion dans la semaine s’est donné la mort sans que quoique ce soit en lui m’ai donné à penser qu’il pouvait, comme on dit, passer à l’acte. Je suis désarmé, sans voix.

Petit à petit des éléments d’information arrivèrent. Petit à petit des bribes de compréhension me donnèrent le sentiment que ce geste avait été minutieusement préparé et planifié. Plus, il ne souhaitait pas que l’on puisse se douter de quelque chose.
Une des choses que j’ai appris en travaillant avec des personnes potentiellement suicidaires c’est essayer de découvrir si elles ont un scénario prévu et quels moyens elles se donnent pour arriver à leur fins. Surtout se méfier de celles qui semblent aller mieux, subitement.

Il fallait que « quelque chose sorte ». Gouache, brosses, gestuelles ont traduit ce qui bouillonnait en moi. J’ai laissé venir, soulignant, accentuant les tracés qui étaient justes pour moi, recouvrant les autres. Quand j’ai eu fini ces deux peintures j’ai retrouvé cette phrase de Winnicott : « Le suicide n’apporte pas de solution, juste l’arrêt du combat », (Jeu et réalité, Folio essais p. 68).

Je pouvais repenser à cet homme de façon apaisée, en lui témoignant en silence, mon humanité.

Enfance abusée, le viol.

Sa demande était : un atelier individuel et peindre sur un grand format. Elodie participait à mes ateliers en groupe depuis 6 mois et là elle souhaitait déposer quelque chose.

Un grand format, c'était un papier de 1,50 x 2,20 m scotché au mur. Ce quelque chose : son viol à l'âge de 11 ans par un homme dépositaire d'une autorité. J'avais déjà noté l'expression d'une certaine violence dans ses précédentes productions et je me doutais de ce quelque chose.

Là, voir apparaître et s'inscrire ce ressentiment puissant et contenu depuis au moins 40 ans a été éprouvant et déstabilisant. Le détail de cette peinture qui m'a le plus marqué fut cette tête ouverte et quelques notes de musiques qui en sortaient. Elodie me confia qu’elle se chantait des comptines pour supporter ce qu'elle subissait, ce qu'elle avait dû subir plusieurs fois.

Outre mon travail sur cette situation en supervison, c'est par cette peinture — qui s'est construite en de multiples étapes — que j'ai traduit à mon tour le chaos que j'avais ressenti ce jour là et que j'ai pu, non pas l'oublier, mais m'en détacher.

Un nombre important de femmes aux prises avec des pathologie liées à la dépression, au suicide, à l'addiction ont subit dans l'enfance un abus sexuel, voire un viol. Il en reste des traces très profondes.

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